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Old African Music

Thiossane, last Damel of Cayor

L’artiste sĂ©nĂ©galais “Thiossane” Ablaye Ndiaye, vient de nous quitter Ă  l’âge de 86 ans. Je lui avais consacrĂ© un article, sur mon dĂ©funt blog KoToNTeeJ, lors de la sortie de son “1er” album en 2011.

Je le reprends et adapte ici.


Thiossane, last Damel of Cayor’s first album

C’est une tendance que je crois avoir dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©e dans le billet sur Ebo Taylor ou au sujet de Poly-Rythmo, je ne sais plus, mais certains labels se sont spĂ©cialisĂ©s dans la (re)dĂ©couverte d’anciennes gloires artistiques, ici africaines, qu’ils font entrer en studio, parfois pour la 1ère fois, ou dont ils nĂ©gocient les droits d’anciennes productions pour les (re)diffuser.
Je ne dis pas que c’est mal, bien au contraire, d’autant que j’ai moi-mĂŞme participĂ© Ă  la chose avec la remastĂ©risation de Yasimika, le 1er album de Djeli Moussa Diawara…
Et donc, voici “Thiossane” Ablaye Ndiaye, un artiste aux multiples talents, qui enregistre Ă  75 ans son 1er album Ă©ponyme.

NĂ© en 1936 dans la rĂ©gion de Thiès au SĂ©nĂ©gal, il commence Ă  chanter au dĂ©but des annĂ©es 50, après avoir puisĂ© son inspiration dans la discographie afro-cubaine, complĂ©tĂ©e par les chansons de Tino Rossi et la musique de Duke Ellington, disponibles dans la discothèque familiale. Il acquiert une notoriĂ©tĂ© certaine, crĂ©e plusieurs groupes, tout en Ă©tudiant Ă  l’Ecole Nationale des Arts, oĂą il travaille les arts plastiques et dramatiques.

Bon, une petite pause musicale, avant de continuer Ă  vous prĂ©senter cet artiste… Aminata Ndaye, ci-dessous, Ă©voque la dĂ©sobĂ©issance d’une Ă©pouse envers son mari. Ce titre, composĂ© en 1963 a Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©, entre autres, par Youssou N’Dour en 1984.

La consĂ©cration musicale, c’est en 1966, lorsque son titre “Talene Lampe Yi”, rĂ©enregistrĂ© sur cet album (cf. playlist ci-dessous), est choisi comme hymne radiophonique du 1er Fesman (Festival Mondial des Arts Nègres), Ă  Dakar, oĂą toute la diaspora noire rĂ©pondit Ă  l’appel de LĂ©opold SĂ©dar Senghor.
Et puis, il est retournĂ© Ă  son mĂ©tier de peintre-cartonnier Ă  la manufacture des tapisseries de Thiès. Ses Ĺ“uvres ont Ă©tĂ© reproduites en de magnifiques tapisseries, dont l’une exposĂ©e au siège de l’ONU.

Exposition Ablaye Ndiaye Thiossane – Institut Français 2021

“Mon père Ă©tait peintre, mais j’ai appris la peinture tout seul par amour du dessin, et en reproduisant les affiches des films projetĂ©s dans les cinĂ©mas de la ville. L’Ecole des Arts n’a Ă©tĂ© qu’un complĂ©ment…”

Pour revenir à la musique, cet album est clairement teinté de nostalgie afro-cubaine, entre autres du fait de la présence de nombreux musiciens talentueux, issus de groupes comme Africando, Orchestra Baobab ou Xalam.
Certes, la voix a vieilli, mais on y sent la prestance d’un homme rĂ©servĂ©, digne et droit…

Et puis, quand on aime ce style musical, qu’importe…